Image qui comporte le logo de Sporobole en gris avec le portrait noir et blanc du directeur de Sporobole. Les mentions Chantier IA et le nom et le titre du directeur, en vert fluo, sont collés sur le logo. On voit la silhouette noire de plantes qui cachent le logo. Le tout est sur un fond noir avec des motifs de glitchs gris.
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Avancées de l’ia et grandes inquiétudes

Notre directeur Éric Desmarais a pondu un texte TL;DR (cet acronyme est tellement complexe) tout droit sorti des entrailles de sa boîte crânienne. Le sujet abordé? L’efficacité du noeud Palomar pour attacher son bas de ligne dans la pêche aux salmonidés de lac en mode trollage Les arts, la culture et l’IA : les avancées de l’intelligence artificielle sont inquiétantes, mais pas pour les raisons que vous pensez.

C’est lucide, c’est fouillé et, avouons-le, c’est un brin déprimant.

Blogue Spopo

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Yo, ça fait longtemps que je n’ai rien écrit ici. Je pense que je vais m’y remettre un peu pour établir une nouvelle série de réflexions et de recherches sur des sujets qui m’intéressent, mais aussi, je l’espère, touchent à notre secteur artistique et peut-être même parfois à l’ensemble de la société civile.

Je commence donc une nouvelle série de textes qui vont poursuivre deux objectifs : 1- aborder des enjeux sociologiques, politiques ou artistiques en lien avec l’actualité, mais, 2- en faisant appel à des outils IA sophistiqués, en les guidant pour faire une analyse pertinente et forte. Je cherche ici à faire d’une pierre deux coups : susciter la réflexion sur des enjeux qui nous concernent (le secteur artistique) et démontrer comment ces outils vont changer profondément notre façon de réfléchir, de comprendre et d’acquérir des connaissances (bref, transformer radicalement notre cognition). Et j’espère par là, susciter le même état de panique que je ressens face à l’idée que cette révolution cognitive soit structurée autour d’outils privatisés n’appartenant qu’à quelques seigneurs ou empereurs.

Certain·es le savent déjà : on travaille (Sporobole, 0/1 – Hub numérique) depuis maintenant deux ans autour de l’impact de l’intelligence artificielle sur la création artistique et sur l’écosystème artistique. Au début, nous balancions entre curiosité et inquiétude. Les échos provenant d’un peu partout étaient teintés d’un imaginaire culturel duquel il était, et dont il est toujours, difficile de se départir. Skynet (ndlr : Skynet est l’intelligence artificielle malveillante et super-consciente de la franchise de films Terminator), est toujours un peu présent quand on parle d’IA et disons que ses perspectives pour l’avenir de l’humanité ne sont pas très invitantes. Sans parler de la magie que nous vendent depuis les débuts les seigneurs de la Silicon Valley et des inquiétudes, souvent très émotives, qu’expriment de nombreux protagonistes de notre milieu. On partait donc dans ce chantier en se préparant à y sortir en catastrophe. Je vous partagerai les résultats de cet énorme projet dans une autres chroniques, le rapport étant en finalisation, mais disons, pour faire court, qu’on a trouvé matière à avoir peur, mais pas pour les raisons qu’on pensait pantoute.

Non, l’art ne va pas mourir, mais certains métiers sont appelés à se transformer. Oui, l’enjeu environnemental est définitivement un problème, mais en même temps on est loin d’avoir atteint un niveau d’efficacité suffisamment mûr pour comprendre la gestion énergétique de ces outils. Non, le problème est ailleurs et majeur : ces outils – surtout les dernières versions, comme Gemini 3 pro ou sa déclinaison Deep Research – sont tellement efficaces (?), omniscients (?), studieux (?), je ne sais même pas comment les qualifier tellement ce qu’ils proposent est nouveau – ces outils donc, qui ont accès à tout, qui raisonnent très sérieusement, qui répondent à des questions complexes avec aplomb, qui s’adaptent selon ce qu’il leur est demandé tout en faisant des erreurs (de moins en moins, mais comme n’importe quel assistant ou stagiaire en ferait) sont des propriétés privées.

Ça a l’air simple dit comme ceci, ben oui, ils sont privés comme Photoshop ou Microsoft, c’est notre système économique (de marde), mais c’est le mieux qu’on peut avoir (réflexion jambon 🍖). Heu, non, Photoshop n’était pas en train de t’enseigner 200 ans d’histoire de la photographie, de t’expliquer en détail le fonctionnement d’une lentille 35-70, de te donner un cours de physique avancé pour comprendre la diffraction de la lumière et comment elle active le capteur des appareils numériques et les sels d’argent des appareils argentique, de te faire l’histoire de Kodak, de t’illustrer leurs modèles d’affaires et de te proposer un modèle d’affaires contemporain pour lancer un nouvel appareil photo tout en sortant un logo, un plan d’affaires et un budget de caisse proforma. Criss Photoshop te permettait de sélectionner une section d’une image, d’y appliquer un filtre ou d’ajuster les balances de couleur. Pas de philosophie politique ou cinq pages sur l’histoire de la découverte du sel d’argent pour la captation lumineuse.

Tout ça pour dire qu’après deux ans les bras dans l’IA à fond, mon état d’affolement s’est empiré, mais pas pantoute pour les raisons que j’imaginais au début. J’ai peur, mais pas parce que ces outils vont nous détruire, mais parce que ceux qui les possèdent vont devenir les maîtres du monde, qu’ils vont taxer l’accès aux savoirs humains et que cet état d’oligopole ou même d’empire risque d’être impossible à déloger. J’ai 50 ans dans quelques jours et je pense qu’on est devant le choix le plus existentiel que j’ai vécu pour la suite des choses (j’inclus la crise environnementale là-dedans) et je ne vois pas grand monde en position de pouvoir qui semblent comprendre le moindrement ce qui s’en vient. Ni aux gouvernements, ni dans l’administration gouvernementale. C’est essentiellement ça qui me fait peur, cette absence de panique chez ceux qui nous gouvernent.

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En complément à cette réflexion, on vous invite à (re)visiter Orwell, Atwood, Huxley, Filteau-Chiba, Bradbury, alouette.

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