Cinzia Campolese | Chantier IA
Sporobole accueille avec grand bonheur cinzia campolese pour une résidence de recherche et de création dans le cadre du Chantier IA!
L’essor des outils génératifs basés sur l’IA apparaît aujourd’hui comme une forme contemporaine de divination automatisée : des dispositifs capables de projeter, à partir d’énormes ensembles de données, des représentations de nos désirs, de nos attentes et de nos angles morts cognitifs. Ces systèmes ne se contentent pas de produire du contenu : ils participent à une reconfiguration de nos croyances, de notre rapport à la vérité et de notre manière d’habiter le monde.
Au cours de la résidence à Sporobole, la recherche se concentre sur ce qui se passe lorsque l’observation automatisée rencontre le geste ritualisé. Au cœur de cette enquête se trouve le développement d’un système génératif conçu pour naviguer entre des domaines de connaissance très différents — des symétries complexes des organismes unicellulaires et des architectures moléculaires aux modèles de cartographie des marchés financiers et aux pratiques de création de sigils de la magie du chaos.
Plutôt que de considérer ces sources comme de simples données, ce travail explore comment orienter la logique interne d’un système génératif à travers des vecteurs issus de ces disciplines variées. L’objectif est de faire émerger une écologie symbolique où les schémas scientifiques, les symboles apotropaïques et les structures biologiques se fondent en un langage unique et autonome — un langage tiré à parts égales vers les modèles de la matière vivante et vers l’impulsion humaine à organiser la réalité à travers des symboles, des schémas et des rituels.
La recherche s’interroge sur la capacité de l’observation constante et mécanisée de notre monde à façonner ce qui devient réel — sur la possibilité que ce « regard technique » implacable puisse faire émerger certaines possibilités dans l’existence physique.
S’éloignant de l’écran, la recherche explore comment ces vecteurs génératifs pourraient se traduire en une chorégraphie physique et lente.
À travers un dispositif mécanique guidé par un système cinétique de tension et de friction, l’œuvre trace des inscriptions semblables à des sigils sur un substrat instable et granuleux.
Ces marques créent un environnement de type palimpseste : un système métabolique qui digère ses propres créations.

