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MATHIEU VALADE | ZOOM OUT/SORTIR DE ZOOM

MATHIEU VALADE
14.07 — 11.09 / 2022
Mathieu Valade, Le pouvoir des fleurs (détail), 2022, techniques mixtes, 488 x 183 cm.

Vernissage le 14 juillet 2022 ‑ 18H

Exposition et vernissage au Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke

MATHIEU VALADE | LA TRAHISON DES IMAGES

En 1929, le peintre surréaliste René Magritte peint le célèbre tableau La Trahison des images. L’artiste y reproduit une simple pipe à tabac, accompagnée de l’inscription « Ceci n’est pas une pipe ». Remettant en question la correspondance entre l’objet réel et sa représentation par l’art, Magritte sabote plusieurs centaines d’années de tradition artistique et dévoile les artifices de la peinture mimétique : toutes les œuvres sont des simulacres, qui imitent pour « faire vrai ». 

La pratique de Mathieu Valade explore cette trahison du réel par l’image : l’illusion est le moteur de chacune de ses œuvres. À travers différents médias et avec une touche d’humour, il s’intéresse au pouvoir d’évocation des images. Les symboles portent en effet des significations inhérentes ; comment peuvent-ils devenir des outils de fiction pour construire des énigmes visuelles ? Des références à l’histoire de l’art se cachent dans ses œuvres, comme dans Expressionnisme concret (2014) où il détourne l’intitulé d’un célèbre mouvement pictural de la seconde moitié du XXe siècle. Il réinvente ainsi ces codes et propose une réflexion sur leur persistance encore aujourd’hui. 

Pour Mathieu Valade, l’art est un jeu : un jeu d’échelle, de formes, mais surtout de perception. L’écran, au cœur de ses recherches depuis quelques années, apparaît comme le véhicule idéal à l’exploration de l’illusion. Le téléviseur n’est pas un simple support de diffusion, mais plutôt une composante sculpturale. Il crée des architectures constituées de moniteurs dans lesquelles les images semblent y circuler librement et s’y confondre. 

Ce n’est pourtant pas pour tromper le ou la spectateur·rice que l’artiste utilise l’illusion. Ses œuvres interpellent physiquement celui ou celle qui les observe afin de l’impliquer dans la construction du sens. La salle d’exposition se transforme en théâtre d’images et chacune des œuvres, en spectacle qu’il faut s’accorder le temps d’expérimenter. Dans Impression de paysage (2020), des motifs organiques se déploient au ralenti comme des taches d’encre qui envahissent l’écran. Ce tableau vidéo contemplatif permet à chacun·e d’en faire sa propre lecture, comme dans un test de Rorschach. Le public possède ainsi un rôle actif dans l’élaboration des dispositifs de Valade, les animant par sa présence.

Ainsi dans les œuvres de Valade, rien n’est vrai, mais rien n’est totalement faux. Il suffit de se laisser prendre au jeu.

 

COMMISSAIRE : FRÉDÉRIQUE RENAUD

La trahison des images