MARIE-CLAUDE BOUTHILLIER / EXPOSITION / FAIRE ÉCRAN

MARIE-CLAUDE BOUTHILLIER
08.09 — 16.10 / 2010

Vernissage le 9 août 2010

17h

Le travail pictural de Marie-Claude Bouthillier s’inscrit dans le champ de l’art actuel de manière particulièrement soutenue, de façon rigoureuse, à la fois renouvelée et évolutive. Chaque projet est une reformulation de la nature textile du support de la peinture où le rapport de dépendance et d’affirmation entre la toile et le pigment se positionne dans une nouvelle dynamique.

Dans Apparitions, son dernier corpus d’œuvres présenté au centre Clark en 2008, Marie-Claude Bouthillier avait puisé dans l’iconographie de l’histoire de l’art pour y dégager une figure centrale : le drapé. Poursuivant sa recherche sur la forme et la surface, cet objet de la peinture classique pouvait illustrer le rapport de mise en abîme du support de la toile et de la représentation du textile, notamment dans le pli. Dans ses tableaux, les figures et les corps absents prenaient formes dans le tracé simple du drapé qui les contournait. Dans ce travail pictural où la toile est toujours apparente, des taches rondes bleues accompagnaient ces drapés, faisant office de trame et de sujet à la fois. Quelques œuvres abstraites dont une grille noire annonçait peut-être le nouveaucorpus d’œuvres présenté ici.

Par le moyen d’encres, de pigments et de polymères appliqués directement sur la toile, c’est à la fois la matière et son support qui convergent dans un volumineux corpus qui prend l’ensemble de l’espace d’exposition. Ici, la rayure devient le pli dans le drapé, la grille mime le tissage de la fibre, la tache et le point sont des trouées dans l’étoffe. « Faire écran est un peu comme entrer dans les tableaux d’Apparitions : étendre le drapé pour en dégager la trame et découper l’ovale des visages ». Les motifs de la grille, le filet et l’écran exposent la matière qui éventuellement révélera les choses; ils sont les limites d’une forme à venir.

Constituée de longues lisières de toile suspendues et de toiles ovales montées ou libres, l’exposition Faire écran nous place devant l’évidence du support et nous convie dans ce lieu particulier du « tout peinture » où convergent la toile et le pigment dans un rapport égalitaire. Ici, la répétition et l’accumulation d’un vocabulaire épuré imposent une force picturale qui nous tient au bord de la toile, au plus près de la matière.

 

Crédit photo : Jocelyn Riendeau