PAVITRA WICKRAMASINGHE - AMÉLIE BRISSON-DARVEAU / DUE NORTH - PÉNOMBRES

PAVITRA WICKRAMASINGHE - AMÉLIE BRISSON-DARVEAU
22.10 — 20.11 / 2015

Vernissage le 10 octobre 2016

17 h

Cette exposition est issue d’une pratique de collaboration entre Pavitra Wickramasinghe et Amélie Brisson-Darveau. Celle-ci explore l’image mouvement en réunissant deux approches par rapport au rythme et au mouvement influencés par la danse pour Amélie et par le cinéma pour Pavitra.  L’exposition qui se compose d’une animation-installation et de deux séries de dessins, tente d’obscurcir l’écart entre nouvelles et obsolètes technologies, ombre et lumière, espace et temps.

Dans l’installation Due North ; pénombres, les deux artistes explorent le lien entre le cinéma et l’architecture (décors d’intérieur, décorations) en investiguant le papier peint panoramique comme dispositif.  Le papier peint panoramique d’intérieur (présentant majoritairement des paysages) de grande dimension, fût développé en France et en Angleterre à la fin du 18 ème siècle.  À l’époque, ce dispositif était utilisé pour propager les conquêtes des puissances colonisatrices et ainsi faire voyager les gens à distance. Différentes scènes couvrant les murs étaient juxtaposées dans les demeures et constituaient une série d’images structurées pour évoquer une continuité. Dans ce sens, la nouvelle technologie permettant de créer le papier peint panoramique aura une influence sur le développement du cinéma.

Les artistes utiliseront ces éléments réaliser une animation-vidéo basée sur l’idée d’un papier peint panoramique modulable et adaptable à différents lieux. Le contenu du panorama présente un assemblage de paysages créé des expériences de résidence dans le nord durant l’hiver durant la période de la nuit éternelle. En décembre 2013, Pavitra était en résidence au KIAC (Dawson, Yukon) et Amélie était à USF Verftet (Bergen, Norvège).

Les dessins : Line Poem- Alchemy of Light et Géographie des textures
Il s’agit de deux séries de dessins qui expérimentent avec une même technique : le grattage. Pavitra utilise une technologie digitale dans Line Poem- Alchemy of Light, alors qu’Amélie use d’un moyen manuel dans Géographie des textures.  Dans les deux projets, nous désirons brouiller l’écart entre le numérique et le manuel.

Géographie des textures (2015)
Dans ce projet de dessin, Amélie explore la relation entre l’architecture, la géographie, le corps et l’ombre. Elle travaille à obscurcir l’espace entre les formes liées à la géographie et la sémiologie cartographique, les peaux de bête, les motifs de camouflages, les motifs architecturaux et structures textiles.

Géographies des textures est inspiré d’une technique italienne de grattage (principalement durant la Renaissance et la période Art nouveau) appelée sgraffito. Cette technique de décoration architecturale permettait de faire rentrer la lumière dans les parois d’un bâtiment en pierre en gravant sur un revêtement de ciment. À partir de cette idée, j’ai développé une série de dessins animés par la lumière environnante. L’image grattée minutieusement est coincée entre les deux vers d’un cadre rotatif. Cela permet à la lumière, selon l’angle du cadre par rapport au mur, d’activer les dessins à la manière d’une lente image mouvement.

Line Poem- Alchemy of Light (2013)
Ces travaux ont été réalisés à partir de dessins automatiques fait à partir de crayons et de papiers. Ils furent ensuite scannés et tracés pour créer des vecteurs de dessins, traduisant les lignes organiques à la main en des lignes droites. Les dessins vectoriels sont gravés dans des blocs de papier en utilisant une technique de découpage au laser. Grâce à ce procédé, la profondeur du bloc de papier et les pages qui bougent durant le processus, le résultat final est un mélange entre le digital et l’organique.

Crédit photo : Tanya St-Pierre