ANDREAS RUTKAUSKAS / EXPOSITION - PRÉSENTATION D'ARTISTE - PROJECTION DE FILM / PETROLIA

Andreas Rutkauskas
27.03 — 27.04 / 2013

Vernissage le 3 mars 2015

17h

Petrolia

De nos jours, la plupart des gens n’associent pas spontanément l’industrie pétrolière à l’Ontario. Or, c’est à Oil Springs, dans le sud-ouest de la province, qu’a eu lieu la première exploitation commerciale d’un champ de pétrole en Amérique du Nord. Si Sarnia est maintenant plus connue pour son importante industrie pétrochimique (formant la Chemical Valley, ou « vallée de la chimie »), Petrolia se juxtapose au paysage industriel patrimonial de la région.

En février 2011, la Galerie ALIX (Gallery Lambton à l’époque), qui avait momentanément fermé ses portes en attendant d’emménager dans de nouveaux locaux, m’a invité à participer à un projet d’artiste en résidence. Il s’agissait, en cinq visites, de mettre au point une idée de recherche collaborative avec l’aide de l’auteure et artiste Lee Rodney, rattachée à l’Université de Windsor, du Sarnia artist-run collective for arts, science and music (SARCASM) et de la commissaire Lisa Daniels. Nous avons invité des citoyens, munis de GPS, à m’orienter dans mes recherches en « me » faisant découvrir, virtuellement, leurs endroits préférés du comté. C’est ainsi que j’ai rapidement été guidé vers le site d’Oil Springs.

Petrolia aborde le déclin de l’industrie pétrochimique dans la Chemical Valley en explorant le paysage bucolique du comté de Lambton et ses petites entreprises pétrolières familiales. Des photographies grand format, prises à la périphérie de la vallée, révèlent un paysage social dense ponctué de sites sacrés amérindiens (cimetière des Chippewa de Sarnia), d’industries abandonnées (les installations déclassées de DOW Chemical) et de projets écoresponsables (les zones humides communautaires de DOW). D’autres images montrent les sites luxuriants de champs de pétrole anciens, exploités par une même famille depuis plusieurs générations. La vidéo Oil! présente un système de pompes avec tige à saccades, mis au point au milieu du 19e siècle et utilisé encore aujourd’hui pour extraire le brut. Ce qui, à première vue, ressemble à une étrange sculpture animée se révèle finalement être une sorte de machine de Rube Goldberg, conçue pour effectuer la tâche simple d’extraire du pétrole, le jour comme la nuit, l’été comme l’hiver.

Petrolia peut s’apparenter à certains projets artistiques tels que Burtynsky Oil et le film Petropolis de Peter Mettler, qui mettent en évidence, notamment par des photographies aériennes de sites d’extraction de sables bitumineux en Alberta, une dévastation des paysages d’une ampleur inouïe. À l’heure où l’industrie pétrolière suscite un débat politique intense, je cherche à présenter l’extraction de brut à échelle humaine, en menant une enquête phénoménologique au coeur de ce paysage complexe.

A.R.

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Présentation du documentaire Waste Land – récipiendaire de nombreux prix -anglais avec s-titre français

C’est dans une réflexion sur le territoire et l’industrialisation – et la désindustrialisation, entamée par l’exposition Petrolia d’Andreas Rutkauskas, que nous présentons le documentaire Waste Land qui met en scène le travail de Vik Muniz avec une population de Rio de Janeiro travaillant dans les immenses dépotoirs en périphérie de la mégapole.

Verres de bière et discussions pourront suivre la présentation.

Entrée Libre / / anglais avec sous-titre français

Jeudi le 2 mai à 19h30 à Sporobole

Synopsis :

«Filmed over nearly three years, WASTE LAND follows renowned artist Vik Muniz as he journeys from his home base in Brooklyn to his native Brazil and the world’s largest garbage dump, Jardim Gramacho, located on the outskirts of Rio de Janeiro. There he photographs an eclectic band of “catadores”—self-designated pickers of recyclable materials. Muniz’s initial objective was to “paint” the catadores with garbage. However, his collaboration with these inspiring characters as they recreate photographic images of themselves out of garbage reveals both the dignity and despair of the catadores as they begin to re-imagine their lives. Director Lucy Walker (DEVIL’S PLAYGROUND, BLINDSIGHT and COUNTDOWN TO ZERO) and co-directors João Jardim and Karen Harley have great access to the entire process and, in the end, offer stirring evidence of the transformative power of art and the alchemy of the human spirit.»

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Présentation d’artiste suivie d’une causerie avec l’historien Jean-Pierre Kesteman

Le samedi 20 avril 2013 à 14h
Entrée libre

Andreas Rutkauskas présentera son travail récent et la façon dont il a travaillé avec la communauté de Sarnia dans le cadre de la réalisation de son projet Petrolia.

(présentation en anglais et un peu en français)

Jean-Pierre Kesteman nous entretiendra sur Les rythmes de la désindustrialisation en Estrie et ses effets économiques, sociaux et environnementaux.

(présentation en français)

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Jean-Pierre Kesteman :

Professeur émérite de l’Université de Sherbrooke, dont il a été vice-recteur à l’enseignement, Jean-Pierre Kesteman a mené une carrière d’enseignant et de chercheur en histoire, essentiellement dans le domaine de l’histoire économique et sociale du Québec contemporain. Diplômé des universités de Louvain, de Sherbrooke et du Québec à Montréal, le sujet de sa thèse portait sur l’industrialisation et le développement du capitalisme en Estrie au 19e siècle.

Il est l’auteur de plusieurs livres en histoire québécoise et en particulier en histoire la région, dont une Histoire des Cantons-de-l’Est (1998) et une Histoire de Sherbrooke (1802-2002) en quatre tomes. Il a également écrit des livres sur l’histoire de Lac-Mégantic (1985), des Écossais gaéliques des Cantons-de-l’Est (2000), des tramways sherbrookois (2007), de l’Hydro-Sherbrooke (1988), de la rivière Magog (2004), des débuts de Barnston et de Coaticook (2011).

À côté de ses activités universitaires, il a, depuis trente ans, exercé une présence auprès du grand public dans la diffusion de l’histoire régionale en collaborant, entre autres, avec différents médias écrits et audio-visuels.