PASCAL DUFAUX / EXPOSITION / LE COSMOS DANS LEQUEL NOUS SOMMES

PASCAL DUFAUX
14.07 — 28.08 / 2010

Vernissage le 7 février 2011

17h

« À l’aide de mes sculptures vidéo-cinétiques, je fais évoluer des caméras d’observation en circuits fermés le long de lentes révolutions hypocycloïdales. Je tente ainsi de renouveler la perception que nous nous faisons de nous-mêmes, des autres et du milieu qui nous entoure, d’en révéler l’étrangeté, la profondeur : Le cosmos dans lequel nous sommes.

Cette installation vidéo-cinétique est le fruit d’une stratégie d’appropriation de la vidéosurveillance. Je cherche à détourner l’effet que provoque en nous cette image sans auteur : expérimenter le potentiel plastique de cette surface visuelle dont la fadeur et la neutralité en constituent le caractère propre. Je propose de voir, dans l’omniprésence grandissante de l’image issue de la vidéosurveillance, non pas une fatalité policière et paranoïaque à l’œuvre, mais plutôt une occasion, à travers l’expérience quotidienne que nous en faisons, d’apercevoir dans le reflet anonyme et indifférencié qu’elle nous tend, le caractère immanent de la réalité de notre existence. Entre la fascination et l’effroi, il y aurait une parenté de réaction devant le surgissement brutal et intrusif de cette nouvelle image dans nos vies, similaire selon moi, à celle éprouvée en 1839 devant les premiers daguerréotypes : les deux offrant aux regards de leurs contemporains une représentation étrangement crue et littérale de la réalité.

Je propose ici une expérience de visualité où perception immédiate et médiatisée se conjuguent, le spectateur et le lieu d’exposition devenant l’objet et le sujet d’une singulière mise en abyme.
J’approche la vidéo et la photographie en tant que sculpteur. Je perçois l’image comme étant le fruit d’un rayonnement par lequel les formes, les choses et les corps déborderaient de leurs contours pour s’étendre dans l’espace jusqu’à atteindre le trou de l’œil et le capteur de la caméra. Ce que je tente donc de sculpter ce n’est plus la forme même, mais le rayonnement visible qui nous la fait apparaître, l’irradiance de sa substance visuelle : son image. »

P.Dufaux

 

Crédit photo : Jocelyn Riendeau