CHARLES-ÉTIENNE BROCHU - GENEVIÈVE CHEVALIER - THOMAS WATSON / BÉTALAB0918 / RV3

CHARLES-ÉTIENNE BROCHU - GENEVIÈVE CHEVALIER - THOMAS WATSON
27.09 — 19.10 / 2018

Vernissage le 9 mars 2020

Soutenant la pluralité des pratiques actuelles, nouvelles et critiques qui utilisent, questionnent, reconstruisent, ou re-visitent l’idée même du numérique et de ses outils, Sporobole a récemment lancé un nouveau programme de résidence d’expérimentation, de formation et de production en réalité virtuelle. Visant les artistes de toutes les disciplines, ce programme de résidence a pour objectif d’offrir aux artistes un espace d’expérimentation propice au développement de démarches artistiques et d’approches critiques en réalité virtuelle.

Le programme propose une approche équilibrée entre la formation théorique et pratique, le développement des connaissances des enjeux, des limites et des possibilités du médium et l’expérimentation esthétique et technologique.

Le programme de résidence, d’une durée de neuf semaines, s’est déroulé du mois de mars à la fin du mois d’août et a accueilli trois artistes, soit Charles-Etienne Brochu (Québec), Geneviève Chevalier (Eastman) et Thomas Watson (Montréal).

Charles-Etienne Brochu / Promenade

Avec ce projet, l’artiste s’intéresse à la thématique du travail, cette activité paradoxalement célébrée par la société et décriée quand elle suscite le fanatisme et encourage les inégalités. Le dispositif principal de l’œuvre repose sur un programme de génération procédurale. En se servant de ce type d’algorithme, l’oeuvre propose au spectateur une traversée infinie de salles rappelant des bureaux. En avançant vers l’avant, le spectateur pourra découvrir de nouvelles salles, dont les configurations seront toujours différentes des précédentes et des suivantes. Ces salles de travail sont placées à l’intérieur d’un espace virtuel qui rappelle le passage du jour, de façon à souligner esthétiquement le passage du temps. Empruntant volontairement le style d’un jeu vidéo, l’artiste incite les spectateurs à voir cette promenade comme une aventure fictive tout en soulignant que les nouveaux agencements de pièces ne seront jamais plus que le fruit d’un hasard calculé.

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Geneviève Chevalier / L’Herbier et son Double

L’amorce du projet L’Herbier et son Double comprend des images stéréoscopiques filmées en 360 degrés ainsi que des éléments modélisés. L’œuvre est ancrée dans l’Herbier Marie-Victorin de l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal. Fondé en 1919, l’Herbier est l’une des collections scientifiques majeures du Canada : 700 000 planches y sont conservées. Le projet s’appuie sur certains écosystèmes naturels visités par le frère Marie-Victorin (né Conrad Kirouac, 1885-1944) lors de ses innombrables expéditions d’herborisation. On retrouve d’ailleurs ici un groupe de botanistes et d’artistes s’étant rendu le 15 juillet 2018 sur les lieux de la dernière herborisation de Marie-Victorin, le 15 juillet 1944, à Black Lake.

L’œuvre s’intéresse à la collection que constitue l’Herbier, à son fonctionnement et sa matérialité, puis à son utilisation à des fins de recherche — notamment autour des changements climatiques. En effet, l’Herbier peut devenir un outil permettant de remonter le fil du temps et de comparer les stades de développement saisonnier des plantes à travers les décennies. C’est ainsi qu’il permet d’étudier le phénomène de la dyssynchronie phénologique, un décalage observé qui s’instaure peu à peu entre les stades de développement de différentes espèces composant un écosystème.

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Thomas Watson / CRVB

Le point de départ pour CRVB, est une vidéo virale d’un crabe tenant un couteau. Le crabe est simultanément provoqué par un humain et enregistré en vidéo sur un téléphone portable.

L’expérience en réalité virtuelle déplace la perspective du spectateur de l’acte du caméraman humain à celle du crabe pour suggérer à la fois une expérience incarnée en tant qu’animal, et pour critiquer le rôle de l’acteur humain. Ce travail offre l’occasion de questionner la motivation humaine d’un tel acte ainsi que d’interroger le support jetable de la vidéo virale, quelque chose de si immédiat à produire qu’il ne subit aucune information contextuelle telle que l’origine de quand et où, ou même pourquoi il a été produit. En tant que média, il peut circuler instantanément dans le monde entier d’une manière qu’aucune planification centralisée ne peut prédire et encore moins imiter.

 

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Photos : Tanya St-Pierre

 

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